ZÈBRES – Cie Zapoï CRÉATION 2022

Compagnie ZAPOÏ

Zèbres

6 au 12 décembre 2022 au Phénix – Scène nationale de Valenciennes

dans le cadre du festival OCYTÔ

puis tournée :

Janvier 2023Croix (59), MJC – Programmation La Manivelle
Le 6 janvier à 10h et 14h30 (scolaires)
Le 7 janvier à 11h et 17h (TP)

Mai 2023 –
Gauchy (02), MCL
Le 26 mai à 9h, 10h45 et 14h30
Le 27 mai 2023 à 10h30 (TP)

Un spectacle très jeune public (à partir de 18 mois) et leurs accompagnateurs

La compagnie Zapoï propose un spectacle emblématique de leur savoir-faire. Les artistes Stanka Pavlova et Denis Bonnetier explorent depuis plus de vingt ans le monde poétique de la marionnette. Leur dernière création, Zèbres, allie leur talent de marionnettistes et leur connaissance approfondie du monde de la petite enfance.

Zèbres, c’est l’histoire de la venue au monde d’un petit zèbre, de ceux, curieux et espiègles, qui attendent sa naissance, et de ce petit zèbre, qui prend son temps. Vient ensuite le moment de la découverte de la vie, des premiers pas, de la rencontre avec la ville et ses habitants. Le décor en noir et blanc, composé de trois blocs, se déploie peu à peu, comme un pop-up géant, pour accueillir les formes et les personnages qui peuplent cette histoire : pies, flamands roses, éléphant, crocodile, girafe, pingouins… Les animaux et la végétation apportent alors leurs couleurs et accompagne le petit zèbre dans une découverte jubilatoire de son environnement.

Zèbres, c’est une expérience qui invite le jeune spectateur à s’ouvrir au monde, à écouter des sons, des mélodies, des mots, des poésies, des formes, des couleurs, à découvrir des corps qui dansent, qui racontent, qui inventent avec lui un espace imaginaire. Plusieurs arts scéniques s’entrecroisent : la danse, la manipulation de la lumière et des objets, le chant, la musique, la poésie.

À l’image de cet animal unique en son genre, Zèbres parle de nos différences, de nos particularités, de nos besoins réciproques de s’accorder avec les autres. Les rayures, comme une évocation de «nos multiples griffures reçues tout au long de la vie», nous marquent et font de nous des êtres uniques. Chaque zèbre est tellement différent tout en étant pareil ! Vous évoque-t-il quelqu’un ?

Une dramaturgie pluridisciplinaire

Zèbres est porté par une danseuse hip hop et une marionnettiste-chanteuse. Ensemble, elles proposent un duo complice et dynamique, enveloppé par une creéation sonore délicate et moderne. Le texte se construit comme un dialogue de sons et de mots qui se font écho dans leur musicalité. Entre onomatopées, haïkus et chansons, le texte s’adresse aux petits et aussi aux plus grands, avec quelques références clins d’œil. Quant à la lumière, elle souligne avec subtilité les déplacements, les temps forts et nous invite à suivre le découpage scénographique des différents tableaux.

S’appuyant sur la démarche de l’art cinétique, le dispositif scénique s’inspire aussi bien des jeux de tangram que d’artistes contemporains tels que Victor Vasarely, Eliasson Olafur, Yayoi Kusama, etc. et joue du contraste du noir blanc et de la couleur, le tout dans l’optique de faire vivre aux très jeunes spectateurs une expérience de déplacement du regard physique et émotionnel.

 

SUZANNE AUX OISEAUX – Scopitone & Cie CRÉATION 9 au 19 novembre 2022

SCOPITONE & COMPAGNIE

Suzanne aux oiseaux

au Mouffetard – Centre national de la Marionnette

Création du 9 au 19 novembre 2022

mercredi à 15 h
Samedi et dimanche à 17 h
Vendredi 18 à 20h (relâche vendredi 11)

Durée : 50 min. / À partir de 6 ans

 

Dans un jardin public, une vieille dame vient chaque jeudi donner des graines aux oiseaux. Sauf quand il pleut.
Un jour, elle rencontre un jeune homme installé sur son banc favori. Avec ses mots maladroits, il lui explique qu’il a fui son pays en guerre. Suzanne lui donne son amitié et cette complicité va changer leur existence : la vieille dame n’est désormais plus seule sur son banc et elle offre à ce jeune réfugié l’espoir d’une renaissance.

Adapté de l’album jeunesse éponyme de Célina Guiné et Marie Tibi, Suzanne aux oiseaux n’est pas une chronique sur la situation des adolescents en migration, plutôt une ode feutrée à la simplicité de la rencontre et à notre besoin profond d’attachement.

 

©Cedric Hingouet

 

 

LE MOUFFETARD, CENTRE NATIONAL DE LA MARIONNETTE : C’EST OFFICIEL !

LE MOUFFETARD, CENTRE NATIONAL DE LA MARIONNETTE : C’EST OFFICIEL !

30 ans de soutien aux arts de la marionnette

Jeudi 29 septembre étaient fêtés les 30 ans de l’association Théâtre de la Marionnette à Paris, structure qui porte Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette. Plus de 150 personnes, artistes, spectateurs, partenaires, professionnels, anciens salaries étaient réunis dans la salle des fêtes de la Mairie du 5e arrondissement pour cette célébration.

Christopher Miles, représentant de l’Etat en tant que directeur général de la création artistique au minist!ère de la Culture, a reconnu le travail partenarial et de diffusion de créations originales autour de la marionnette mené successivement depuis 1992 par Lucile Bodson, présidente de l’association Théâtre de la Marionnette à Paris – elle achève son 3e mandat cette année – et Isabelle Bertola, directrice du Mouffetard. Carine Rolland, adjointe à la Maire de Paris en charge de la culture et de la ville du quart d’heure a souligné l’interdisciplinarité favorisée par le théâtre en le qualifiant de « lieu de croisements ». Florence Berthout, en tant que maire de l’arrondissement a témoigné de l’ancrage du Théâtre dans le quartier latin et affirmé que «Le Mouffetard est une institution unique qui s’adresse à tous les publics » tout en proposant des œuvres hybrides. Bérangère Vantusso, directrice artistique du Studio-Théâtre de Vitry et de la Compagnie Trois-six- trente, au nom des nombreux artistes accompagnés, a salué l’engagement et la confiance apportée aux équipes artistiques « même après une création qui a eu moins de succès, lorsque le doute s’installe, l’écoute et la confiance apportées sont précieuses pour permettre de poursuivre le cheminement et d’obtenir la reconnaissance professionnelle ».

La question de la labellisation était dans l’esprit de tous… elle était éminente disait-on. Effectivement, il ne s’agissait plus que de quelques heures. Le lendemain, vendredi 30 septembre, Rima Abdul Malak, ministre de la Culture, en déplacement en Nouvelle Aquitaine, a annoncé la labellisation du Mouffetard en tant que Centre national de la Marionnette (CNMa) aux côtés de L’Espace Jéliote (Oloron-Sainte-Marie), l’Hectare – Territoires Vendômois, le Théâtre de Laval, le Sablier (Ifs et Dives-sur-Mer) et le Théâtre à la Coque (Hennebont).

Un Centre national de la Marionnette à Paris et la reconnaissance d’une famille artistique

Cette labellisation engage les six CNMa à accueillir les compagnies en résidence, proposer des ateliers de fabrication, diffuser la création sur leurs territoires et favoriser l’émergence des jeunes compagnies. Ils ont aussi pour mission de sensibiliser les publics et d’œuvrer à la professionnalisation du secteur de la marionnette.

C’est en s’alliant avec le Théâtre aux Mains Nues – école de théâtre et théâtre de l’essai, dans le 20e arrondissement- dirigé par Pierre Blaise, que le Mouffetard devient CNMa. Les deux structures, complices de longue date, mutualisent leurs compétences pour proposer une filière exhaustive autour de la marionnette à Paris: de la formation professionnelle d’acteurs-marionnettistes à la diffusion de spectacles en passant par le soutien à la création, l’accompagnement de l’émergence avec un festival biennal dédié: les Scènes ouvertes à l’insolite, la recherche (avec le centre de ressources et l’engagement dans le PAM-lab), la médiation, l’action culturelle et le développement des publics en Ile-de-France.

 

LA PERFORMANCE Andy Arnold / Emmanuelle Laborit / Ramesh Meyyappan CRÉATION Novembre 2022

LA PERFORMANCE

mise en scène Andy Arnold

avec Emmanuelle Laborit et Ramesh Meyyappan

CRÉATION du 12 au 22 octobre 2022 au Tron Theatre à Glasgow en Écosse

PREMIÈRES en France
du 8 au 20 novembre 2022
à IVT – International Visual Theatre 

Théâtre visuel / 1h / dès 10 ans / 6 à 25€
Mardi 8 et 15 novembre – 20h
Mercredi 9 et 16 novembre – 20h
Jeudi 10 et 17 novembre -19h
Vendredi 11 et 18 novembre – 20h
Samedi 12 et 19 novembre – 18h
Dimanche 13 et 20 novembre – 16h
Un hommage au cinéma classique français

Inspirée du réalisme poétique du cinéma francçais classique, la pièce s’ouvre sur deux comédiens en train de se préparer et de répéter dans les coulisses d’un théâtre en attendant leur représentation : « Elle », actrice suave et chic et « Lui », échevelé et très nerveux. Alors que le rideau s’ouvre, ils se retrouvent métamorphosés en personnages d’un film d’antan : un clown et la femme que celui-ci adore… Dans une ambiance de music-hall, les scènes de pantomime s’enchainent – mais peut-être pas comme prévu… Que se passe-t-il ? Est-ce les comédiens, Elle et Lui, qui se disputent ou les personnages qu’ils incarnent sur scène ?

Se déroulant essentiellement dans les coulisses du théâtre et sur scène, La Performance offre une mise en abyme subtile qui examine l’opposition entre la vie et l’art.
Entièrement visuelle, la pièce fait appel aux codes de l’âge classique du cinéma français (1930-1945), avec son intensité émotionnelle et sa combinaison de comédie et de tragédie.

Une histoire d’amour impossible entre une femme libre et sûre d’elle et d’un homme éperdument amoureux, mais perdant totalement ses moyens quand il s’agit d’ouvrir son cœur. Une romance qui n’est pas sans rappeler celle d’un film culte tourné à Paris, sous l’occupation allemande…

L’amour non partagé, si souvent au cœur du théâtre tragique, prend toute sa place dans cette production franco-écossaise qui explore la profondeur de l’émotion.

 

© Vincent Quenor : visuel affiche

© Mihaela Bodlovic : photos spectacle

TRANSDANSES – Festival de danse de l’EDA Novembre 2022

Festival TransDanses

du 15 au 25 novembre 2022

Tatiana Julien | Anna Gaïotti // Justine Berthillot // Marco da Silva Ferreira // Marine Colard // Salia Sanou | Cie Mouvements perpétuels // Nach // Etienne Rochefort // Sarath Amarasingam | Advaïta L Cie

En novembre, place au traditionnel festival de danse TransDanses qui célèbre le croisement des esthétiques, des formes et des disciplines. L’Espace des Arts ouvre grandes ses portes pour accueillir la vitalité de la danse contemporaine dans toute sa diversité et son actualité.

Au programme : 8 spectacles dont 4 créations


***mardi 15 et mercredi 16 novembre – 19h et 20h***

Ouverture du festival avec Tatiana Julien et Justine Berthillot, deux artistes membres du Vivier de l’EDA constitué par Nicolas Royer

Une nuit entière* la CRÉATION de Tatiana Julien et Anna Gaïotti est un corps à corps sensuel, un monstre hypersensible qui convoque chimères et déesses oubliées. Deux femmes en pleine puissance, qui exposent et explosent leur féminité en mêlant énergie rebelle et geste incarné et charnel.

*tournée: 29-30 nov. 22 Le Phénix, scène nationale Valenciennes / 10 au 13 dèc. 22 à l’Espace Cardin, Théâtre de la Ville à Paris / Janv. 23 à la Maison de la Culture d’Amiens / 29 au 31 mars 23 à Bonlieu, scène nationale d’Annecy

Justine Berthillot se lance dans une nouvelle performance pour rollers et batterie : Desorden. 15 minutes conçues comme un rite pop-obscur, hypnotique, et doté d’une énergie un soupçon vengeresse.

Xavier Roumagnac compose et accompagne ce mouvement à deux corps en musique électronique et à coups de batterie, avec une énergie musicale engagée et organique.

 

***vendredi 18 novembre à 20h***

Electro et danses folkloriques au programme avec Carcass du chorégraphe portugais Marco da Silva. Sur scène, 10 interprètes accompagnés de deux musiciens en live cherchent leur

identité collective en partant de leur univers familier lié aux danses urbaines, aux battles, au clubbing, pour aborder des danses folkloriques standardisées et immuables.

 

***samedi 19 novembre – 19h et 21h***

Une soirée sportive avec Le tir sacré de Marine Colard, qui, fascinée par les commentaires sportifs et l’état de transe des journalistes pendant un match a eu l’idée d’en faire le fond sonore d’une chorégraphie frisant la comédie.

Puis, Boxe avec À nos, combats de Salia Sanou qui, sur une musique de Sega Seck convoque sur le ring une danseuse et une boxeuse professionnelle accompagnées par le grand animateur radio Soro Solo comme maître de cérémonie et par une soixantaine d’amateurs invités à jouer le public de ce combat mythique : The Rumble in the Jungle, le fameux match de boxe qui opposa Mohamed Ali et George Foreman en 1974.

 

***mardi 22 novembre – 20h***

Krump avec Nach qui dans sa CRÉATION Elles disent célèbre les corps érotiques et politiques : une danse « de la libération des bassins et des sexes », célébration des « carcasses hors-normes », ode à la multiplicité et à la complexité des corps pluriels.

Tounée : 6 déc. 22, LUX – SN de Valence / 3 et 4 fév. 23, Atelier de Paris – CDCN Paris / 2 et 3 mars 23, Théâtre de la Croix Rousse – Lyon / 23 et 24 mars 23, Halles de Schaerbeek – Belgique / 29 au 31 mars 23, La Villette – Paris / 12 et 13 avril 23, Le Lieu Unique – SN Nantes

 

***vendredi 25 novembre – 19h et 21h***

Soirée de clôture

Bugging de Etienne Rochefort, du nom de cette nouvelle danse résultant d’une énergie commune et vibratoire à toutes les danses urbaines. Neuf danseurs déploient leur discipline personnelle, breakdance, krump, popping, freestyle, voguing, house… Toutes portent en elles une rébellion face à nos fractures sociales, aux violences sociétales, raciales ou sexuelles.

La CRÉATION L’Équilibre de la bicyclette est le 3e volet de la série chorégraphique « Terre sèche » du franco-sri-lankais Sarath Amarasingam. Une pièce tout public mêlant influence indienne, contemporaine, hip-hop et BMC©, une pratique somatique innovante qui met en relation l’intelligence du corps avec l’esprit.

VIVRE EN PEINTURE – CORINNE DEVILLE au MAHHSA 17 septembre 2022 au 29 janvier 2023

VIVRE EN PEINTURE – CORINNE DEVILLE (1930-2021)

Du 17 septembre 2022 au 29 janvier 2023

au MAHHSA – Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne

Conférence d’Anne-Marie Dubois,

commissaire de l’exposition et responsable scientifique du MAHHSA : jeudi 17 novembre à 18h30


Une artiste prolifique, un musée singulier

Le Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne (MAHHSA) présente pour la première fois une monographie de Corinne Deville. Plus de 100 œuvres exposées, peintures et sculptures, d’une artiste prolifique à l’œuvre jusqu’alors méconnue. Un imaginaire exubérant aux couleurs vives peuplé de personnages fantastiques et d’un bestiaire aux mille métamorphoses.

L’exposition Vivre en peinture, du 17 septembre 2022 au 29 janvier 2023, s’inscrit par excellence au sein du MAHHSA, premier musée hospitalier à avoir obtenu l’appellation « musée de France », en 2016. Un lieu phare, consacré à l’art et à la psychiatrie, qui appréhende l’œuvre dans son contexte historique hors de son milieu hospitalier.

Une découverte artistique majeure au sein d’un musée qui place l’œuvre dans une histoire de l’art, de la création et de la psychiatrie.

Corinne Deville (1930- 2021)

Née à Montcy-Saint-Pierre, à deux pas de Charleville-Mézières, Corinne Deville est la fille d’un couple d’artistes ardennais, la peintre et graveuse Elisabeth de la Mauvinière et Jean Deville, graveur, qui fut aussi à la tête de la fonderie Deville. Forte de cette filiation, Corinne Deville s’est forgée un univers très personnel, inclassable, où se côtoient personnages et animaux fantastiques.

Artiste prolifique mais restée volontairement dans l’ombre, elle est enfin montrée au grand public grâce à sa famille et au MAHHSA.

A noter, deux précédentes expositions :

« Corinne Deville – l’intime sacré » du 16 juin au 29 aout 2021, au Palais du Tau à Reims.

« Dans ma tête de solitaire, Corinne Deville Taittinger » du 10 octobre 2019 au 5 janvier 2020, au Musée de l’Ardenne et à la Maison des Ailleurs à Charleville-Mézières.

 

© Yvon Meyer

LES YEUX DE L’OCÉAN de Syaman Rapongan L’Asiathèque – 15 juin 2022

Éditions L’Asiathèque

Les Yeux de l’océan de Syaman Rapongan

Parution : 15 juin 2022

Collection « Taiwan Fiction »

Roman autobiographique traduit du chinois (Taiwan) par Damien Ligot

Préface de Gwennaël Gaffric

Photographies de Véronique Arnaud

Venue exceptionnelle de Syaman Rapongan en France :
Mardi 27 septembre
18:30 – Rencontre à l’Asiathèque (1 rue Deguerry 75011 Paris, métro Goncourt)
Jeudi 29 septembre
19:00 – Rencontre à la Géolibri (Espace Darwin, 87 Quai des Queyries, 33100 Bordeaux)

« Chaque être vivant, chaque plante, chaque vague dispose d’un esprit qu’il faut savoir entendre »

Syaman Rapongan, issu du groupe autochtone des Tao, aime à se définir comme un écrivain de l’océan. Dans cet ouvrage d’inspiration autobiographique, il revient sur sa jeunesse, quand il a quitté son île natale de Lanyu (appelée aussi « île aux Orchidées »), au sud-est de Taiwan, pour gagner le « continent » taïwanais. Il raconte comment il s’est résolu, contre la volonté de ses parents, à sauter dans un bateau pour aller étudier dans la métropole « civilisée ». Il évoque ses errements identitaires, les travaux de force qu’il a dû effectuer pour survivre et les discriminations qu’il a subies, à la fois comme Aborigène et comme prolétaire. Toutes ces épreuves, et aussi quelques voyages au long cours qui lui feront rencontrer d’autres hommes et d’autres paysages, vont lui donner pleine conscience de la valeur de la culture de ses aïeux, et le conduiront à revenir chez lui et à lutter pour la reconnaissance des droits de son peuple.

Chronique sociale du Taïwan des années 1970 et 1980, lequel considère encore les Autochtones comme des individus arriérés et sauvages, les Yeux de l’océan / Mata nu Wawa présente une autre facette du « miracle économique taïwanais ». D’une plume à la fois trempée de colère et d’espoir, due à sa double marginalité de natif d’une petite île et de Taïwanais, Syaman Rapongan montre comment l’héritage culturel des Autochtones formosans peut régénérer la culture taïwanaise contemporaine en la situant dans une nouvelle dynamique transpacifique.

Le récit évoque une multitude de personnages hauts en couleur : la famille de l’auteur, avec ses traditions et ses croyances, les instituteurs, missionnaires et administrateurs, soucieux d’inculquer la culture han et la religion « occidentale » à une population « arriérée », et tous ceux qui, sur la grande île, exploitent la naïveté des jeunes Autochtones.

Conformément à la vocation de la collection « Taiwan Fiction », cet ouvrage fait entendre une voix contemporaine singulière et puissante, et témoigne d’expériences qui, si locales soient-elles, ont une portée universelle.

En annexe à l’ouvrage, figurent une carte du Pacifique — dont on verra le rôle qu’elle a joué dans la pensée de l’auteur — ainsi que des photographies de Véronique Arnaud, docteure d’Etat, chercheuse honoraire du CNRS au Centre Asie du Sud-Est (CASE), qui a effectué son premier terrain à Lanyu en 1971, pour y revenir régulièrement depuis et y consacrer de nombreuses publications.

LE SERPENT BLANC de Yan Geling L’Asiathèque – 27 avril 2022

L’Asiathèque

Le Serpent blanc de Yan Geling

Parution :27 avril 2022

Novella traduite du chinois, annotée et présentée par Brigitte Duzan

Collection « Novella de Chine »

La légende du Serpent blanc transposée sous la Révolution culturelle, variations sur le thème du trouble dans le genre Le Serpent blanc, de l’auteure chinoise contemporaine Yan Geling, nouveau titre de la collection « Novella de Chine » après Sur le balcon, de Ren Xiaowen, n’est ni un roman de type traditionnel ni une nouvelle courte, mais ce que l’on désigne du terme de novella, œuvre caractérisée par un style et un développement narratif attrayants pour le lecteur. Ce genre a pris une telle importance en Chine et a donné lieu à des œuvres si originales et si remarquables que l’Asiathèque lui consacre une collection : « Novella de Chine », dirigée par Brigitte Duzan.


Le récit

Yan Geling s’inspire ici de la légende du Serpent blanc. Selon cette légende, dans un lointain passé, deux esprits-serpents sont arrivés sur Terre pour vivre parmi les humains. Près du lac de l’Ouest, le Serpent blanc et son serviteur, le Serpent vert, ont pris la forme d’une femme et de sa suivante. Un jeune homme passé par là, tombe? fou amoureux de la femme, l’a épousée. Mais le moine du village voisin, ayant découvert le secret des deux femmes et l’ayant dévoilé au jeune mari, celui-ci, se sentant trahi, a tenté de tuer sa femme qui a repris sa forme de serpent pour s’enfuir. Dans la transposition que Yan Geling fait de la légende, la danseuse Sun Likun a remporté très jeune un succès foudroyant avec son interprétation de l’héroïne du ballet « La légende du Serpent blanc ». Â la fin des années 1960, arrêtée et séquestrée par le gouvernement pendant la Révolution culturelle, elle se remémore les belles années durant lesquelles elle a séduit un public immense. Un jour, un mystérieux jeune homme lui rend visite ; il se présente comme un inspecteur venu l’interroger, mais ses manières la troublent, tandis que ses gardiennes se demandent si cet homme est réellement celui qu’il prétend être. Construit en trois parties de styles différents, le récit, qui fait alterner le rapport officiel, l’histoire rapportée par la rumeur publique et l’histoire intime, donne lieu à de subtiles variations sur le sentiment amoureux.


Extrait

Dansant sur une corde à linge suspendue en travers de la pièce, la serviette était d’une telle saleté qu’elle en était raide. Sun Likun se moucha bruyamment pour se déboucher le nez, puis se frotta soigneusement le visage avec un bout de la serviette aussi dur qu’une surface de métal. Quand elle releva la tête, elle se figea.

Le jeune homme était là, debout devant elle, les mains derrière le dos. Derrière lui étaient entassés des amas de décors de théâtre défraîchis. Il la regardait ainsi, les mains dans le dos, relever la tête de cette serviette immonde avec un léger mélange d’aversion et de pitié. Et elle, à cet instant-là, eut le sentiment que jamais, en ses trente-quatre années d’existence, son visage n’avait été aussi nu. Elle réalisa alors qu’il se tenait devant le décor du Pont brisé de la « Légende du Serpent blanc ».


L’auteur

Née en 1958 à Shanghai, l’écrivaine et scénariste chinoise Yan Geling a grandi dans une famille d’intellectuels, écrivains pour la plupart. Son œuvre littéraire, par sa richesse et son originalité, mérite d’être connue en France. Parmi ses ouvrages, plusieurs ont été adaptés au cinéma dont le Criminel Lu Yanshi (2011), réalisé par Zhang Yimou et interprété par Gong

Li sous le titre Coming Home (2014). Les personnages féminins de ses récits se caractérisent souvent par leur résistance aux différentes formes de pouvoir.


La traductrice et directrice de la collection « Novella de Chine »

Brigitte Duzan est chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois et traductrice du chinois. Fondatrice et animatrice de deux sites web de référence : chinesemovies.com.fr sur le cinéma chinois et chinese-shortstories.com sur la littérature chinoise. Elle est animatrice du Cycle littérature et cinéma chinois de l’université de Paris (ex-Paris-Diderot), elle a fondé et anime également le Club de lecture de littérature chinoise (CLLC, ex-Club de littérature du Centre culturel de Chine à Paris).

VANNES PHOTOS FESTIVAL 9 avril -29 mai 2022

Biennale 2022

VANNES PHOTOS FESTIVAL 9 avril – 29 mai

C’est le Pérou !

Vannes Photos Festival : un festival renouvelé aux multiples visages

La prochaine édition de Vannes Photos Festival devient Biennale et se déroulera du 9 avril au 29 mai 2022. Durant deux mois, entieèrement gratuit, VPF va prendre toute son ampleur par un ancrage fort sur son territoire tout en s’ouvrant à l’international.

Toutes les formes de la photographie contemporaine seront abordées à travers 7 artistes invités, 11 expositions de photographes français et étrangers, 3 projections, 4 « Cafés des images » et de multiples actions de médiation.


QUATRE GRANDS AXES :

>FOCUS SUR LE PÉROU, ce pays invité en 2022, inaugure pour les années à venir un cycle sur les pays d’Amérique latine. Trois angles artistiques pour aborder la création photographique péruvienne : la photographie patrimoniale, contemporaine et émergente.

Martin Chambi (1891-1973) l’un des plus grands photographes d’Amérique latine est à l’honneur, en 2022, à Vannes. Plus de 40 tirages, appartenant à la Collection du Musée de l’Université de Navarre de cet observateur hors pair seront exposés ; un regard unique du début du siècle dernier sur les cultures amérindiennes et les paysages légendaires de la région de Cuzco.

La photographie péruvienne contemporaine sera représentée par Roberto Huarcaya, né à Lima en 1959, avec une immersion labyrinthique au cœur de l’Amazonie péruvienne. Sur la rive droite du port de Vannes, une installation de 64 m de long marque les méandres de la forêt et des mystères des murs incas de la vallée sacrée. Une soirée de projection donnera un vaste aperçu de la photographie péruvienne contemporaine de 1990 à nos jours et sera orchestrée par Alejandro León, doctorant à l’ENSP d’Arles.

>UN « COMITÉ CITOYEN » est associé à la programmation et a fait le choix de la thématique centrale du Festival en 2022 : One life « Bifurquer, penser et agir autrement » ; une première dans le cadre d’un festival. 5 expositions dont celles de Juan Carlos Alom sur les retraités cubains, Yveline Loiseur sur les adolescents, Louis Matton sur les lieux et objets du quotidien, un ensemble photographique réalisé entre 2012 et 2015 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Smith avec Déside?ration ou les facettes du désir et du manque.

>UN REGARD CRITIQUE « Apprendre à voir est à la portée de tous », quatre critiques de photographie français seront invités à dialoguer avec les artistes présents au sein d’un lieu ouvert au grand public sous la forme de « Cafés des images », les 8, 9 et 10 avril 2022.

>LE KIOSQUE est un espace photographique permanent à Vannes où la thématique « RHIZOME » prendra place pour les trois années à venir. Nicolas Floc’h avec Initium Maris nous invite à une plongée superbe dans les fonds marins. De Saint-Malo à Saint-Nazaire, 70 sites ont été explorés en apnée ou en bouteille. Une manière de questionner l’écologie, les liens entre les humains et les autres espèces non humaines.


Patric Clanet, nouveau directeur artistique

Patric Clanet a mené toute sa carrière à la direction d’établissements culturels en France et à l’étranger. Anciennement directeur de l’École Européenne Supérieure de l’image et directeur adjoint de l’École Supérieur de la Photographie d’Arles, sa nouvelle mission à la direction de VPF lui permet de déployer toute sa passion et son savoir-faire et de rendre toujours plus accessible l’excellence de l’art photographique au plus grand nombre.

 

LIKE ME Cie dans l’Arbre Avignon Off 9 au 21 juillet 2021

LA COMPAGNIE DANS L’ARBRE

Théâtre contemporain pour la jeunesse

LIKE ME de Léonore Confino

Création 2021 – Durée : 1 heure – A partir de 12 ans

*** Avignon OFF *** 9 au 21 juillet 2022 à la Piscine Camille Muffat avec le Théâtre du Train Bleu et le festival Villleneuve en Scène

 

Spectacle immersif en piscine

Des casiers au grand bassin en passant par les douches, le champion d’apnée Simon Volser guide les spectateurs munis de casques à l’intérieur d’une piscine. Une noyade. Des pas dans le pédiluve. Des voix adolescentes. Un casier qui claque. Une vidéo virale. Un puzzle à reconstituer…

Une plongée en eaux troubles

La compagnie dans l’arbre poursuit une réflexion et une démarche artistique pour et autour de l’adolescence. Like me questionne notre rapport à l’intime dans une société où l’image et la mise en scène de soi priment. Comment, quand on a 14 ans, faire la part des choses entre ce qu’on décide de partager et ce qui nous échappe ? Est-ce que tout ce qui est livre? nous appartient ? Comment grandit-on dans cet environnement d’hyper exposition ?

La piscine est apparue comme un lieu emblématique de ce jeu entre le paraître et l’être, le visible et l’invisible. Réalité ? Fiction ? Le spectateur et le comédien sont proches, évoluent dans le même espace, créant une réalité étrange où chacun se tient en alerte, à l’affut. Ce dispositif au sein de l’espace public transforme les codes habituels du spectacle et de la scène et invite chacun à s’interroger. Comment le contexte modifie notre perception ? Quelles relations naissent entre le spectateur, l’acteur et le lieu ?

Commande d’écriture

Après avoir travaillé autour des œuvres de Karin Serres et Sylvain Levey, La compagnie dans l’arbre privilégie un lien fort aux auteurs contemporains. Léonore Confino a su mettre son décalage absurde et incisif au service du propos choisi dans Like me.